Notre socle idéologique :                             un cadre pragmatique, sans frontières et sans tabous

 

 

Les inégalités – la mauvaise répartition des richesses – à la source du mal ?

 

NON, il n’est pas intolérable qu’il puisse exister des écarts gigantesques de richesse entre les individus, mais seulement et uniquement à condition que chaque individu – riche ou pauvre - dispose des moyens nécessaires et suffisants à sa subsistance dans la dignité (se nourrir, s’abriter, se réchauffer, se soigner, éduquer ses enfants, vivre en sécurité, se divertir, se déplacer, se former et déployer une fonction sociale agréable à lui-même et utile à la communauté) et ce, sans avoir à subir des conditions de travail dégradantes. Inventons donc un système qui garantisse à tous des conditions de vie confortable, moyennant un travail agréable et valorisant. Et laissons les riches devenir encore plus riches s'ils le souhaitent, en veillant uniquement à ce qu'ils ne le fassent, ni sur le dos de la nature, ni sur le dos de l'homme.

 

Taxer les richesses produites, un juste principe de morale du partage ? un enjeu économique vital et incontournable ?

 

NON, il paraît simplement inconcevable de déposséder de ses richesses celui qui les a produites à la la force de son labeur, ne serait-ce qu’en minime partie. Rappelons-nous que le concept de l’impôt est une notion rétrograde, héritée des temps où le despotisme avait force de loi. Le principe d’une ponction sur le bien d’autrui – aussi bien fondée soit-elle - s’apparente à du vol. De fait, pour assurer la juste contribution de tous au bon fonctionnement de la société, il faut chercher des solutions vers d’autres sphères de raisonnement et d’autres représentativités de l’incontournable impôt.

Il est bien plus moralement acceptable d’imposer aux acteurs économiques des devoirs et des responsabilités en guise de contribution, que d’imposer une dîme en monnaie sonnante et trébuchante. Car ce qui est reproché à l'impôt aujourd'hui par ses plus gros contributeurs est bel et bien l'absence de transparence, et pas tant son montant en pourcentage ! Il existe mille et une façons d’organiser le système pour parvenir à créer de la transparence et ainsi lutter contre l'évasion fiscale. Ces solutions ne sont pas faciles à réaliser, certes, car il est toujours plus aisé de passer par l’unité d’échange universelle, la monnaie, pour faire passer les contribuables à la caisse. Alors il est grand temps de sortir de notre paresse intellectuelle pour transiter vers une conception plus moderne, plus élaborée, plus élégante et moins arbitrairement confiscatoire de la notion d’impôt.

 

Haro sur le capitalisme ? A bas l’économie de marché ? Vive la décroissance ?

 

NON, même sur l’échiquier politique, quasiment plus personne en dehors du NPA n’envisage sérieusement d’abattre la machinerie dévorante du capitalisme qui nous gouverne en maître omniprésent et omniscient. En effet, ce système fait autant de réussites que de malheurs et il paraît même dangereux de vouloir s’en défaire. Car le capitalisme, jouant sur nos cordes sensibles de l’émulation, aidant ainsi à repousser les limites de l’imagination, nous aide à garantir le progrès technologique, facteur majeur de bien-être pour l'humanité.  La bataille contre le capitalisme est donc perdue … mais avec un peu de bon-sens, nous pouvons gagner la guerre ! Les règles d’un jeu modéré, respectueux de l’Homme et de la Nature existent, incarnées dans les préceptes de la Charte de l’Economie Sociale et Solidaire. Il suffit de les faire respecter en traduisant progressivement les avis de ‘bonnes pratiques’ en textes à force de loi.

 

Pour l’assistanat ? Pour les contrats aidés ? Pour une libéralisation de l’économe sans filet ?

 

NON, NON et NON, Il n’est nul besoin de se référer à une pensée de droite ou de gauche pour comprendre que la machine de la fameuse et controversée ‘croissance’ ne peut pas tourner, sans d’un côté des entreprises qui produisent en toute liberté, et sans de l’autre côté des ménages qui consomment en toute aisance ! Nul besoin d’être membre du MEDEF pour comprendre que les entreprises créeront d’autant plus d’emplois que les charges et les risques qu’elles encourent seront faibles et qu’il faut donc les aider en ce sens en diminuant drastiquement les charges sociales et les règlementations du travail ! Nul besoin d’être de gauche ou ouvrier chez Goodyear pour comprendre que si les entreprises ne créent pas assez d’emplois, il faut que l’Etat prenne le relais en distribuant du pouvoir d’achat. Nul besoin d’avoir lu Keynes ou Adam Smith pour comprendre que le système se régule en principe volontiers de lui-même – et tant mieux - mais que lorsqu’il ressort un blocage, l’Etat Providence doit entrer en action pour soutenir la demande.

Enfin, nul besoin d’avoir fait l’ENA pour comprendre que la question n’est pas de savoir si l’Etat doit être plus ou moins présent. La question est que l’état doit être toujours là quand il le faut, juste prêt à réagir à bon escient. Et c'est ce qu'il fait aujourd’hui, parfois en injectant du capital, parfois en injectant des salaires, pour huiler les rouages du système. Hélas, il le fait d’une manière très maladroite et surtout très peu durable ! Nul besoin d’être un féru observateur des politiques publiques pour constater que les fonds de l’assurance chômage, les fonds réservés à l’assistance sociale, au subventionnement de l’emploi  et des entreprises sont dépensés à perte, sans la moindre logique de productivisme stratégique. Le fait est que aujourd’hui l’état doit se moderniser, en passant  de son rôle traditionnel de gardien et arbitre du jeu socio-économique à un nouveau rôle d’inventeur du jeu socio-économique. Inventeur, oui ! Et ce jour là seulement, l'état pourra garantir le plein emploi.

 

Pour ou contre le Revenu Universel ?

 

Et POUR et CONTRE. En partant du principe, d’une part que la dignité est un droit humain et que d’autre part, les états ne sont visiblement pas encore tenus à une obligation de résultat concernant la création du plein emploi, il semble juste et évident de reconnaître le Revenu Universel comme un droit des peuples de nature inconditionnelle, ainsi aussi bien par principe que par défaut.  En partant par ailleurs du principe de la conviction que l’homme n’est pas foncièrement paresseux, le Revenu Universel est également légitime dans sa dimension type ‘projet de société’, permettant à l’homme de s’épanouir humainement et socialement dans les meilleures conditions de liberté et d’égalité.

Néanmoins, il faut admettre que l’aspect inconditionnel du versement de ce revenu ressort comme étant de nature moralement dérangeante et inquiétante dans la sensibilité de l’opinion publique, tous  milieux politiques et citoyens confondus. Et ce, sans doute à juste titre car la société, telle qu’elle est organisée actuellement, n’est pas prête à installer un fonctionnement durable du concept de Revenu Universel. Celui-ci ne peut être installé ex-nihilo de en mode non systémique. C’est pourquoi Philo’s Force Association s’est engagée dans un travail préparatoire éminemment important : créer les conditions cadre d’une réorganisation socio-économique préliminaire, apte à intégrer le concept et à en assurer le juste fonctionnement attendu.

La vision que nous portons du Revenu Universel n’est ni celle d’un instrument de lutte contre la pauvreté, ni celle d’un univers de droits sans responsabilités réciproques.

Il est intolérable que le RU soit présenté comme un outil, factice parmi tant d’autres, pour soulager la misère. Car il ne s’agit pas de boucher quelques trous, mais de créer un projet de société !

Il est intolérable que le RU soit présenté comme une vulgaire allocation d’assistance, calculée en dessus d’un salaire décent et destinée aux démunis et aux incapables. Car il ne s’agit pas de distribuer du pouvoir d’achat, mais de créer des compétences sociales !

Notre vision du Revenu Universel prend racine dans une pensée fondamentale : l’idée que si vous changez le système, vous changerez l’homme.  L’homme est le pur produit d’un système. Changeons le système pour changer l’homme.

 

Pour une société ultra robotisée ?

 

OUI, entièrement. La robotisation ne déshumanise absolulement pas l'homme. Bien au contraire, développée dans les conditions appropriées, elle libère l'homme en cassant les deux courroies de l'asservissement et de l'aliénation : d'une part la soumission de l'homme aux tâches pénibles et ingrates et d'autre part la soumission de l'homme à l'exploitation de l'homme par l'homme.

Bien évidemment le raisonnement est valable seulement à condition que la société soit déjà parvenue à opérer deux révolutions majeures : 1) une dissociation nette entre travail et emploi et 2) un système d'organisation socio-économique qui réduit le coût du travail à zéro (ce que nous prônons au travers de notre bloc idéologique)

Laissons le modèle capitaliste employer des robots à gogo et réservons-nous la part belle avec un système de Revenu Citoyen Garanti instigateur et pourvoyeur d'emplois intelligents et socialement productifs.

Philo's Force Association s'emploie à convaincre qu'il est temps de libérer et magnifier la valeur de l'homme, en dessinant la charpente d'une société post-travail et en dessinant les contours des emplois de nouvelle génération.

Orientons l'avenir de notre société moderne en décidant que les emplois de demain seront tous uniquement rivés sur la créativité, sur la solidarité humaine, sur le développement et l'expression des talents personnels.

Imaginons que nous recevons tous un Revenu Citoyen Garanti ... En échange de quoi nous nous enageaons dans des activités de formation continue et des métiers utiles à la communauté ... L'accès à la cultrue de fait devient gratuit ; les rues s'animent de musiciens,  comédiens et artistes en tout genre car les gens peuvent enfin s'adonner à leurs passions ... les aînés sont pris en charge par leurs propres parents ... les robots font le sale boulot et les hommes profitent enfin d'une vie qui a du sens. La paix sociale règne au travers du monde, ici, là-bas et ailleurs...

 

Paola Cicoria, fondatrice, directrice des programmes